Haïti : La désignation de Jean Joseph Lebrun à la tête de la transition suscite une levée de boucliers

La désignation du juge Jean Joseph Lebrun comme président de la transition politique continue de provoquer de vives réactions. Le Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition dénonce une décision « unilatérale », tandis que le bloc EDE – Pitit Dessalines – ROSPO affirme sa volonté de poursuivre les discussions avec les acteurs concernés afin de dégager une solution jugée légitime et inclusive.

La controverse autour du choix de Jean Joseph Lebrun remet au premier plan les profondes divisions qui traversent la classe politique haïtienne. Pour les membres du Consensus politique, cette nomination, effectuée sans une concertation suffisante, constitue une entorse grave aux principes de dialogue et de participation qui devraient encadrer le processus de transition. Ils estiment qu’une telle démarche risque de renforcer la méfiance populaire et de fragiliser davantage une gouvernance déjà contestée.

Face à cette situation, le bloc EDE, dirigé par l’ancien Premier ministre Claude Joseph, Pitit Dessalines, conduit par l’ex-sénateur du Nord Moïse Jean-Charles, et le regroupement ROSPO, représenté par Esaue Bauchard, plaident pour une reprise urgente du dialogue politique. Ces structures disent privilégier la recherche d’un consensus élargi autour d’un leadership capable de conduire efficacement la transition, dans un esprit d’ouverture, de transparence et de responsabilité.

Pour ces acteurs, l’enjeu dépasse largement la question des personnes. Il s’agit avant tout de redéfinir les bases d’un processus crédible, apte à répondre aux urgences nationales, notamment la crise sécuritaire, la détérioration des conditions de vie et la préparation d’élections libres et honnêtes. Selon eux, seule une gouvernance issue d’un accord large peut restaurer un minimum de confiance et créer les conditions d’un apaisement durable.

Dans un contexte marqué par l’instabilité chronique et l’effritement de l’autorité publique, la polémique autour de la présidence de la transition illustre l’urgence, pour les forces politiques haïtiennes, de dépasser les clivages afin de privilégier l’intérêt supérieur de la nation et ouvrir la voie à une sortie de crise véritable.

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