Washington adopte une loi pour sanctionner les complicités entre gangs armés et élites haïtiennes

Le Congrès des États-Unis a adopté une législation visant directement les réseaux de collusion entre gangs armés et acteurs politiques ou économiques haïtiens. Intégrée à la National Defense Authorization Act (NDAA), la Haiti Criminal Collusion Transparency Act marque un tournant dans l’approche américaine face à la crise sécuritaire et institutionnelle en Haïti.

Portée par un rare consensus bipartisan, cette loi entend renforcer la transparence, la reddition de comptes et la pression internationale sur ceux qui, selon Washington, contribuent à l’enracinement de la violence et à l’affaiblissement de l’État haïtien.

Adopté par le Congrès et en attente de promulgation par le président américain Donald Trump, le texte oblige l’administration américaine à mener des enquêtes approfondies sur les liens présumés entre des membres des élites haïtiennes et des groupes criminels armés. Ces investigations devront faire l’objet de rapports réguliers soumis au Congrès, accompagnés, le cas échéant, de sanctions ciblées contre les personnes reconnues coupables de collusion.

La loi prévoit que, sur une période de cinq ans, le secrétaire d’État américain produise une évaluation détaillée de l’ampleur de la criminalité organisée en Haïti. Les rapports devront identifier les gangs les plus influents, leurs chefs, ainsi que les responsables politiques — actuels ou anciens — et les hommes d’affaires accusés d’entretenir des relations directes et significatives avec ces groupes, au détriment de l’intérêt public et de l’État de droit.

Présentée comme la seule législation majeure consacrée à Haïti adoptée par le Congrès en 2025, l’initiative est portée par le représentant démocrate Gregory Meeks, la sénatrice Jeanne Shaheen et le sénateur républicain Rick Scott. Cette convergence entre démocrates et républicains illustre la gravité avec laquelle Washington perçoit la situation haïtienne, désormais considérée comme une menace persistante pour la stabilité régionale.

À travers cette loi, les États-Unis affichent leur volonté de frapper non seulement les gangs armés, mais aussi les réseaux d’influence qui les soutiennent dans l’ombre. Reste à voir si cette pression législative se traduira par des actions concrètes capables d’ébranler durablement les mécanismes de l’impunité qui nourrissent la crise haïtienne.

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