Dans un contexte de violences persistantes et de déplacements massifs, l’Haïti de 2025 a vu le recrutement d’enfants par des groupes armés tripler. L’agence onusienne tire la sonnette d’alarme face à une crise qui compromet l’avenir de toute une génération.
Le dernier rapport publié le 12 février 2026 par l’UNICEF dresse un constat accablant : alors que 1,4 million de personnes sont aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, plus de la moitié sont des enfants, devenus des cibles privilégiées pour les groupes armés. Les Nations unies estiment désormais que 30 à 50 % des membres de ces groupes seraient des mineurs, certains enrôlés dès l’âge de neuf ans. Une progression jugée « catastrophique » par la représentante de l’organisation en Haïti, qui souligne la facilité avec laquelle les plus jeunes peuvent être manipulés et contrôlés.
Au-delà des chiffres, la réalité est dramatique. Les garçons sont souvent contraints de transporter des armes, d’assurer la surveillance ou de participer directement aux affrontements, tandis que les filles subissent des violences sexuelles et sont exploitées pour des tâches domestiques. L’extrême pauvreté, qui touche plus de 60 % de la population vivant avec moins de quatre dollars par jour, alimente ce cycle destructeur. Dans certains cas, des familles désespérées acceptent une compensation financière en échange du départ d’un enfant. Face à cette situation, la directrice générale de l’UNICEF rappelle que ces mineurs doivent être considérés avant tout comme des victimes et bénéficier de programmes de protection et de réintégration. Plus de 500 enfants ont déjà été pris en charge depuis la mise en œuvre du protocole de transfert signé en janvier 2024.
Cette flambée du recrutement d’enfants illustre l’ampleur de la crise sécuritaire et sociale qui frappe Haïti. Sans une mobilisation urgente des autorités nationales et de la communauté internationale, c’est l’avenir même du pays qui risque de se retrouver pris en otage par la violence
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