La tentative de mise à l’écart du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) a provoqué une réaction immédiate et particulièrement virulente de Washington. Dans un message publié le jeudi 22 janvier 2026, le Bureau pour les Affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État américain a clairement rejeté toute initiative visant à déstabiliser l’exécutif.
Selon les autorités américaines, la crise multidimensionnelle que traverse Haïti ne peut être expliquée ni par des failles culturelles ni par l’architecture institutionnelle du pays. Elle serait plutôt le résultat d’un système politique gangrené par des pratiques de prédation, où certains acteurs exploitent les gangs armés pour créer le chaos, avant de se présenter comme des solutions indispensables. Cette logique de désordre organisé, dénoncée sans détour par Washington, serait au cœur de l’impasse actuelle.
Le message américain va plus loin en établissant une ligne de fracture nette entre légitimité populaire et pouvoir fondé sur la violence. La stabilité, insiste le Bureau de l’Assistant Secrétaire d’État pour la région, ne pourra émerger que lorsque les dirigeants tireront leur autorité du soutien des électeurs et non de leur capacité à manipuler l’insécurité. Les membres du CPT impliqués dans cette démarche sont ainsi publiquement désavoués, assimilés à des acteurs criminels agissant en collusion avec les groupes armés.
En prenant une position aussi frontale, Washington ne se contente pas de défendre un Premier ministre : il impose un narratif où la transition haïtienne est sommée de choisir entre la logique des urnes et celle du chaos.
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