Perquisition chez Youri Chevry : Le Collectif des citoyens de Port-au-Prince dénonce une opération illégale et politisée

Lors d'une conférence de presse le mardi 16 décembre 2025, le Collectif des citoyens de Port-au-Prince accuse le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de la capitale, Me Fritz Paterson Dorval, d’avoir mené une perquisition illégale au domicile de l’agent exécutif intérimaire Youri Chevry, le 12 décembre 2025. L’organisation estime que cette intervention, réalisée sans mandat, relève d’une instrumentalisation politique de la justice.

Les responsables du collectif affirment que l’action du parquet constitue une violation grave des procédures judiciaires et appellent le ministère de la Justice à prendre des mesures immédiates contre le chef du parquet de la capitale.

Selon le porte-parole du collectif, Marc Arthur Cupidon, aucune justification ne peut légitimer une descente au domicile d’un citoyen sans base légale. Il a raillé l’argument avancé par le commissaire du gouvernement, qui aurait déclaré rechercher un artiste, soulignant que « la loi ne s’interprète pas au gré des circonstances ou des intérêts politiques ».

Le Collectif des citoyens de Port-au-Prince redoute que ce type d’intervention ne crée un précédent dangereux, ouvrant la voie à des abus répétés de l’autorité judiciaire. Il appelle la population à la vigilance et invite les organisations de la société civile ainsi que les intellectuels à se mobiliser pour défendre les principes de l’État de droit.

Dans cette perspective, une pétition a été lancée afin de recueillir plus de 4 000 signatures. Le collectif entend constituer un dossier à soumettre à un juge d’instruction et exige, en parallèle, la révocation du commissaire du gouvernement ainsi que sa comparution devant la juridiction compétente.

Pour le collectif, l’affaire Youri Chevry dépasse le cadre d’un simple différend judiciaire : elle pose la question fondamentale des limites du pouvoir du parquet et de l’indépendance réelle de la justice. À défaut d’une réponse institutionnelle claire, préviennent ses membres, l’arbitraire risque de s’installer durablement au cœur de la vie publique haïtienne.

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