Beaumont : L'IDETTE dénonce un lynchage collectif et alerte sur l’effondrement de l’autorité de l’État


L’Initiative départementale contre la traite et le trafic des enfants (IDETTE) a vivement condamné le lynchage de trois personnes à Beaumont, survenu le samedi 20 décembre 2025. L’organisation de défense des droits humains pointe du doigt l’absence prolongée de l’État et exige l’ouverture immédiate de poursuites judiciaires contre les auteurs de cet acte.

Dans une note de protestation rendue publique le dimanche 21 décembre, l’IDETTE dit être profondément choquée par la mort violente de Mario Auguste, Célicia André et Bernadette Pretile, surnommée « Mambo Sorcile », lynchés au carrefour Castor et dans d’autres secteurs de la ville de Beaumont. Pour l’organisation, ce drame traduit une dérive dangereuse vers la justice populaire, nourrie par un vide sécuritaire persistant. Elle rappelle que la commune est privée de commissariat depuis novembre 2018, une situation qui, selon elle, favorise la propagation de rumeurs et l’escalade de la violence.

L’IDETTE affirme également que la famille de Bernadette Pretile vivrait sous la menace depuis plusieurs années. Elle évoque notamment le viol présumé de la fille de la victime, dans une affaire impliquant, selon ses déclarations, un proche d’un ancien haut responsable judiciaire de Jérémie. La jeune femme serait décédée par la suite dans des circonstances jugées troubles, possiblement liées à un empoisonnement, bien que ces faits n’aient jamais été officiellement établis par la justice. Après le lynchage, l’organisation rapporte que des proches des victimes et des habitants de la zone auraient subi des agressions et des intimidations, renforçant un climat de peur généralisé.

Pour l’IDETTE, cet événement s’inscrit dans un cycle d’impunité profondément enraciné et ne saurait être considéré comme un cas isolé. Elle appelle les autorités judiciaires à identifier, arrêter et juger les responsables, tout en exhortant l’État haïtien à rétablir sa présence régalienne à Beaumont.

« La rumeur ne peut jamais justifier la mort d’un citoyen », insiste l’organisation, convaincue que seule une réponse judiciaire rapide et ferme permettra d’enrayer la violence et de restaurer la confiance de la population dans l’État de droit.

Post a Comment

Plus récente Plus ancienne